La Spiti Vallée : on en rêvait, elle nous a enchantés
Après un long détour, la voici enfin. Imaginez-vous en plein milieu de nulle part. Vous êtes entourés de montagnes rocailleuses, vous levez la tête et vous apercevez les hauts sommets enneigés, le long de la route flottent au vent des drapeaux tibétains et, un peu plus loin, en contre bas, vous devinez des tâches vertes signes annonceurs du prochain village qui abrite tout au plus quelques âmes… Ca y est, vous y êtes, bienvenus dans la Spiti Vallée !
La beauté se mérite, les kilomètres défilent lentement. A chaque virage c’est l’émerveillement : la lumière, le ciel, la roche… Les pauses photos sont fréquentes.
Nous établissons, pour une petite semaine, notre camps de base à Tabo. Nous avions prévu d’y passer qu’une nuit mais la guest house dans laquelle nous avons garé notre 4x4 est vraiment trop sympathique. C’est donc à Tabo, dans ce petit oasis planté au milieu de ce désert de roches que nous nous familiarisons un peu avec la culture bouddhiste. Nous visitons le monastère vieux d’un peu plus de mille an. A l’intérieur, des peintures magnifiques que l’on découvre à la lampe de poche. Lorsque le rayon de lumière bouge c’est une autre fresque qui apparaît un peu comme par magie. Les traits des dessins sont très fins et les couleurs d’un autre temps. C’est aussi à Tabo que nous festoyons avec Rana le propriétaire de la guest house et Pier un danois converti au bouddhisme. La soirée chicken chili / bières restera dans nos mémoires (et peut être un peu dans mes fesses aussi !). On terminera notre petit séjour à Tabo par l’escalade de la montagne surplombant la guest house. (2 jours d’attente pour cause de mauvais temps) La montagne aura eu raison de nous, nous devons rebrousser chemin aux ¾ car la roche s’effrite un peu trop à notre goût. Le soir même nous rencontrons un couple de belges, Nathalie et Gonzague, qui voyagent depuis l’Asie du sud-est jusqu’à Jérusalem à la découverte des religions sur leur tandem (une vraie bête de compétition leur tandem, en rentrant je veux le même !)
Ci-dessus: un pont en piteux etat et Rana en train de nous preparer du chicken chili dans sa cuisine
Ci-dessus: le monastere de Tabo vieux de plus de mille an
ci-dessus: Traversee de riviere pendant notre trek
ci-dessus: photo prise pendant notre trek
ci-dessus: Tabo
Le lendemain, nous partons pour Dhankar, petit village accroché à la montagne à 3800 mètres. Autant vous dire que la vue est magnifique et le soir, à la nuit tombée, les maisons s’illuminent nous offrant un décor digne des plus grands théâtres. Nous retrouvons Nathalie et Gonzague et nous faisons la connaissance de Lisa (allemande) et Sami (suisse). La « nouvelle famille » s’agrandit !
Ci-dessus: la route vers Dhankar et Bertrand remettant de l'essence car les pompes sont tres rares.
ci-dessus: dhamkar vue de jour et de buit
Ci-dessus: Dhankar et notre campement dans ce meme village.
Petite ballade jusqu’à un lac d’altitude le lendemain matin et nous partons vers Mud dans l’après-midi avec Lisa et Sami à l’arrière du 4x4. Lisa est serveuse à la fête de la bière à Munich, elle sait porter jusqu’à 12 chopes de bière d’un litre chacune ! Le soir, en compagnie de Nathalie et Gonzague, nous dinons en nous racontant nos histoires de voyage et l’expérience unique de voyager en Inde.
ci-dessus: lac d'altitude au dessus de Dhankhar
ci-dessus: deballage a MUD en bonne compagnie
Le lendemain matin, ballade dans la neige à 7 (et oui, Pier est aussi à Mud !). Nous partons ensuite pour Kibber, l’un des plus haut village du monde accessible par la route (4200 mètres). Le vent est tellement fort que nous restons cloitrés dans le 4x4. Le 4x4 vacille et nous nous endormons dans notre tente de toit bercé par les secousses.
ci-dessus: village de kye
Une petite problématique se pose alors à nous… Nous devons théoriquement rejoindre Manali pour le 13 juin en passant par le Kunzum Pass (col culminant à 4500 mètres) afin de récupérer Noémie à l’aéroport. Le Kunzum pass est ouvert mais 20 km plus loin la route est bloquée par la glace et des chutes de pierres. La DDE indienne doit théoriquement déblayer le tout pour le 10 juin mais entre la théorie et la réalité en Inde, il y a toujours deux poids et deux mesures. Nous décidons d’y aller tout de même, plus nous nous y approcherons plus les informations seront fiables.
Nous franchissons le col à 4500 mètres sur une espèce de « No-road » (trous, eau, boue – la route la plus exécrable que nous ayons eue jusqu’à présent) (chapeau bas à Nathalie et Gonzague qui le traverserons en tandem le lendemain). En bas, le « village » de Batal (une dhaba tenue par un couple de tibétain super sympa) où nous passerons la nuit en plein milieu de la route (pas de circulation). Le soir même le couple de tibétain est toujours confiant, la route devrait être ouverte pour le 12. Le lendemain, un homme venu de nulle part a pris la route fermée à pieds, les nouvelles ne sont pas bonnes, la route ne devrait s’ouvrir qu’à partir du 14… Il nous faut faire demi-tour afin d’être à temps pour Noémie. Nous ferons 600 km en 3 jours. Heureusement que le paysage est beau !
ci-dessus: Nathalie et Gonzague sur leur tandem
Ci-dessus: le "village" de Batal juste apres le col de Kunzum
ci-dessus: pompe a essence a bras... coupure d'electricite tres tres tres reguliere